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Séance discussion autour du précieux liquide.
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Châteauroux : PermaBerry organise des ateliers sur le thème de la gestion de l'eau
L'association indrienne PermaBerry, experte de la gestion potagère, organise des ateliers sur le thème de la gestion de l'eau, le dernier samedi de chaque mois.

Les Perm'Ateliers de l’association PermaBerry, c’est le dernier samedi du mois, à proximité du centre-ville de Châteauroux, sur les 1.000 m2 proches du chemin de la baignade auparavant dévolus aux Incroyables Comestibles. PermaBerry, qui compte désormais une vingtaine d’adhérents, n’a qu’une seule ambition : apporter son expérience de gestion potagère en milieu urbain, en proposant des samedis à thèmes tels que celui d’hier après-midi.

 

"Il faut s'inspirer de la nature"

La gestion de l’eau : en ces périodes de sécheresse et de canicule à répétition, c’est devenu l’une des préoccupations majeures des jardiniers. Ludovic Meunier, président de Permaberry et son trésorier Stéphane Bouyge, y vont donc de leurs conseils, souvent de simple bon sens, sur la meilleure manière d’économiser la précieuse eau.

« Il faut avant toute chose s’inspirer de la nature, en évitant le plus possible l’intervention humaine. Ici, nous restons puristes en arrosant les semis et les plantations, et à partir de cette fin du mois de juin, en n’arrosant plus du tout. Cela évite l’évaporation et c’est facilité par la présence d’arbres et la proximité de la rivière Indre. Ce ne serait donc pas possible partout ailleurs. »

Un éden ombragé favorable à la culture

« L’autre priorité, poursuivent Ludovic Meunier et Stéphane Bouyge, c’est d’être attentif à la dépense. » Le jardin doit être un plaisir, pas un gouffre financier. « Nous recueillons les graines qui sont ensuite replantées. Si la plante dont on l’a extraite y pousse, cela veut dire que le terrain est favorable. »

Favorable, c’est effectivement l’adjectif qui convient : le jardin de Permaberry est un éden ombragé où poussent fenouil, blettes, rhubarbe, tomates, céleri, basilic, chou ou piment d’Espelette. « Nous contribuons à nourrir la grainothèque de la médiathèque, nous donnons des plants et tous nos ateliers sont gratuits. » Seule et petite contribution : l’adhésion à l’association est fixée à 10 euros.

Pour tous renseignements concernant les activités de Permaberry, tél. 06.03.83.92.69 ou 06.62.66.45.59, permaberry@gmail.com

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Ludovic Meunier dans le jardin de PermaBerry, où les membres expérimentent des procédés de culture.
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À Châteauroux, PermaBerry partage ses expérimentations permaculturelles
Depuis trois ans, l’association expérimente des techniques de cultures naturelles dans un jardin de Châteauroux. Elle organise des ateliers pour tous, où les membres partagent leurs connaissances.

Malgré le contexte, le début d’année est pas trop mal. Dans le jardin de PermaBerry, mis à disposition par Châteauroux, chemin de la Baignade, Ludovic Meunier apprécie l’arrivée des fleurs printanières et le chemin accompli dans leur « potager paresseux ».
« Moins on arrose, moins on veut arroser »Échanges avec la grainothèque de Reuilly, contacts avec le Centre permanent d’initiatives pour l’environnement (CPIE), interventions scolaires… En trois ans d’existence, l’association s’est forgée une légitimité dans le domaine de la permaculture. « On a fait beaucoup d’expérimentations, on commence à savoir ce qui marche ou pas sur ce terrain, sourit le président. On n’a pas eu beaucoup d’échecs. On a un peu plus de mal avec les légumes racines. Une partie de la parcelle est très caillouteuse ; l’autre limoneuse et gorgée d’eau. » La récolte en tomates et aubergines a aussi été plus faible l’an dernier. La faute à une météo capricieuse. « Mais moins on arrose, moins on a envie d’arroser, confie Ludovic Meunier. On s’aperçoit que les plantes s’acclimatent. »
Les bordures en bois des premières buttes potagères commencent à se décomposer, Ludovic Meunier les remplace par « une bordure vivante », de l’osier planté et plessé. « On n’aura plus qu’à les tailler ensuite. » À l’ombre d’un noisetier repose un grillage monté sur châssis. « C’est une tondeuse à poules », éclaire Ludovic Meunier. Pour le moment, les gallinacés sont dans leur poulailler d’hiver, bien exposé. Bientôt ils rejoindront leur résidence d’été, plus ombragée. Leur enclos hivernal deviendra « un potager naturel », où pousseront les légumes semés par les poules. « Tout ce qu’on peut tester, on teste. »
Depuis peu, l’association s’est ouverte à de nouveaux adhérents, une douzaine assez fréquemment présents au jardin. À leur tour d’expérimenter. « On leur confie un bout de terre et ils font ce qu’ils veulent. » Ici, des cartons et du marc de café dispersés au sol, ébauche d’une prochaine butte. Là, une autre surmontée d’un demi-dôme en bambou. Les fondateurs sont là pour les accompagner. « On a accentué la 3D, pour créer des zones d’ombrage pour les légumes et permettre aussi une récolte sur plusieurs niveaux. »
Des adhérents qui viendront, à leur tour, donner un coup de main et dispenser des conseils lors des ateliers ouverts au grand public.

 

Des ateliers gratuits

Un samedi par mois, à 15 h, l’association organise des ateliers gratuits.
> De la graine au semis, le 27 mars.
> Du semis à la plantation, le 24 avril.
> La vie au potager, le 29 mai.
> La gestion de l’eau et fête PermaBerry, le 26 juin.
> De la récolte à la graine, le 28 août.
Inscription : Facebook, PermaBerry ; courriel, permaberry@gmail.com

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Ludovic Meunier et Stéphane Bouyge : deux intervenants très écoutés.
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Permaculture aussi en ville

Stéphane Bouyge et Ludovic Meunier, à l’origine de l’association PermaBerry, ont proposé une visite de leur espace potager.

Dans cette parcelle de 1.000 m2, mise à disposition par la Ville de Châteauroux, à l’origine envahie de broussailles, l’objectif était d’en faire un jardin urbain où l’on applique le principe de permaculture, une culture proche de la nature, respectueuse de l’environnement avec un travail du sol très limité. Ici pas de produit chimique, très peu d’arrosage.


Récolter ses propres graines

« La pourriture des déchets verts, le compost, le purin d’orties, la décomposition du bois mort, etc., suffisent au sol qui ne s’appauvrit pas. Les mauvaises herbes ne sont plus considérées comme telles, les plantations sur buttes ou étagées sont serrées et se servent les unes des autres. Ainsi, elles se protègent entre elles. Il n’y a pas de maladies, les insectes, les poules ont leur espace… Sans chercher la production nous avons de meilleures récoltes. »
Après les judicieuses explications des deux intervenants, place était donnée à la graine. Le choix des graines, pourquoi et comment récolter ses propres graines, les ensacher, les conserver, les ressemer et ainsi développer des légumes perpétuels… sans oublier l’échange de ces dernières.
Un moment instructif pour la dizaine d’adhérents présents et séduits par cette méthode de culture. Pour autant, l’association n’en reste pas là et propose divers stages, chantiers participatifs, ateliers et interventions en école. Des animations à retrouver sur le site Facebook de l’association.
permaberry.wixsite.com/berry

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Amies depuis huit ans, Julie Chappart et Fanny Bouchu vivent éloignées mais sont liées par leur amour pour le Berry.
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Rallye :

des graines du Berry au sable du Maroc

Deux jeunes femmes veulent porter haut les couleurs du Berry lors d’un rallye au Maroc en 2021. Elles y participeront à bord d’une voiture électrique, et parcourront 1.500 km.

 

L’une y est née, l’autre y a vécu. Julie Chappart, 30 ans et Fanny Bouchu, 28 ans, amies de longue date, ont la même passion pour le Berry. Ensemble, elles ont choisi de défendre cette région lors de leur participation en 2021 au Rallye des Gazelles au Maroc. Et pour parachever les 1.500 kilomètres en plein cœur du désert, elles seront à bord d’un véhicule électrique. La condition sine qua non à leur participation. « La voiture a une autonomie de 200 kilomètres et est alimentée par des panneaux solaires. Elle pourra circuler sur le même parcours que les 4x4 ».
« On implique nos proches autour du Berry »En plus de s’inscrire dans une démarche écologique, les deux jeunes femmes veulent prouver leur fort attachement à la région. « Le Berry, c’est ce qui nous relie », confient-elles. Julie Chappart est née à Arthon. Fanny Bouchu, elle, a habité trois ans à Châteauroux. Pourtant, selon elles, le Berry est très mal connu du reste de la population. « Il y a un a priori systématique sur le Berry. Ce ne serait qu’une région peu peuplée, sans travail. En participant au Rallye des Gazelles, on a envie de démontrer que c’est faux. »
Pour participer à la compétition, Fanny Bouchu et Julie Chappart vont pouvoir compter sur le soutien de plusieurs partenaires berrichons : leur parrain, ., une association qui promeut la pratique de la permaculture et Berry Graines, un producteur de graines. Grâce à eux, les deux jeunes femmes vont pouvoir apporter un peu de Berry au Maroc. « PermaBerry va nous donner des graines à planter qui n’ont pas besoin de beaucoup d’eau pour venir en aide aux villages marocains reculés. »
Aujourd’hui, Fanny Bouchu vit à Angoulême, Julie Chappart à Nice. Leur entourage est donc éloigné du Berry mais elles se sont lancé le défi de les y intéresser. Les deux amies ont ouvert une page Facebook, « Graines des Sables » pour parler de leur démarche. Photos, posts, vidéos… Elles font découvrir la région à leur communauté. « On implique nos proches autour du Berry. »
Du soutien, Fanny et Julie en auront besoin. 15.000 euros sont nécessaires pour finaliser leur inscription. Pour l’instant, elles ont réussi à collecter 4.000 euros.

 

Publié le 01/03/2020 Partager

PermaBerry World Clean'up Day 2019

Word CleanUp Day 2019 à Châteauroux : mobilisés pour un monde plus propre

Samedi, à l’occasion du World CleanUp Day, un éco-village s’est installé sur la place Sainte-Hélène, pour mobiliser notamment sur la gestion des déchets.

 

 

Samedi, n’en déplaise aux amateurs de grosses cylindrées des Good Old Days, Châteauroux avait un fort accent écolo. La manifestation pour le climat, d’abord, avec 250 personnes présentes ; l’opération Plastic Attack, ensuite, au centre commercial Auchan (lire ci-dessous), pour sensibiliser sur les emballages en plastique.
Permaculture et flyers en graine Mais surtout, il fallait venir faire un tour du côté de la place Sainte-Hélène. Un éco-village y était installé pour l’opération World CleanUp Day, organisée par la Jeune chambre économique (JCE) de Châteauroux. « Une dizaine d’intervenants sont là pour sensibiliser les gens sur des moyens écologiques de travailler », indique Carole Druelle, membre de la JCE. Parmi eux, le duo Ludovic Meunier et Stéphane Bouyge, venu parler de Perma Berry, leur étonnante expérimentation de permaculture dans un jardin castelroussin. « On est là pour expliquer notre démarche, celle de parvenir à cultiver des aliments sans utiliser d’eau. Pour ça, on propose un petit atelier avec des bouteilles en plastique, qu’on transforme en mini-serres avec des graines et de la terre dedans. Pas besoin d’arroser, la condensation s’en occupe. »
En cette période de cruel manque d’eau, leur technique impressionne, et interroge les curieux. Au sein du village, on pouvait aussi retrouver l’association Agir 36 et sa collecte de vêtements, des œuvres de l’artiste Yoshiri Shinomura, Radio Balistiq pour de nombreuses interviews ou encore une animation du Syndicat de traitement des ordures ménagères de Châteauroux (Sytom 36) sur le cycle des déchets. « Plusieurs opérations de ramassage de déchets ont aussi été menées, place Sainte-Hélène et dans les quartiers Vaugirard et Saint-Jean. Elles ont bien fonctionné, même si on essaie encore d’intégrer aux actions davantage d’habitants des quartiers », souligne Carole Druelle. A noter que pour communiquer sur l’événement, les membres de la JCE avaient fait imprimer des flyers en graines « totalement biodégradables, et qu’on peut planter où l’on veut, précise Carole Druelle. C’est une entreprise parisienne qui les fabrique, car on n’en trouve pas ici. Ce n’est pas grand-chose, mais sensibiliser sur l’écologie, ça commence aussi par là. »

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Ludovic Meunier et Stéphane Bouyge, dans le terrain où ils envisagent d'appliquer la méthode de la permaculture. 
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Stéphane Bouyge, devant un "jardin en trou de serrure" : une petite structure circulaire qui permet de cultiver à hauteur d'homme. 
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Châteauroux : de la permaculture au cœur de la ville

Ludovic Meunier et Stéphane Bouyge, deux amis d'enfance, se sont mis en tête de cultiver des fruits et des légumes sur une parcelle laissée à disposition par la Ville. Dans les prochains mois, des buttes de culture vont être construites.

Le collectif castelroussin des Incroyables comestibles, créé en 2013, continue de faire des émules. Ludovic Meunier, aide-soignant résidant à Déols et Stéphane Bouyge, employé de banque à Châteauroux, sont actifs depuis quelques mois sur une parcelle mise à disposition gratuitement par la Ville, près des jardins familiaux Marcel-Vidal. Leur objectif : cultiver des fruits et des légumes dans ce coin de verdure logé au milieu d'autres parcelles.

Ils souhaitent appliquer la méthode de la permaculture : "C'est plus une philosophie qu'un mode de culture, résume Stéphane Bouyge. Le but est que le jardin fonctionne en circuit fermé, qu'il soit autosuffisant."

L'idée est de laisser vivre l'espace de culture : les plantes sauvages ne sont plus considérées comme des mauvaises herbes, les insectes ont leur espace dans des hôtels à insectes et aucun produit chimique n'est nécessaire pour que, d'années en années, la parcelle reste fertile. En laissant pourrir les déchets verts, le bois, et le compost, le sol ne s'appauvrit pas.

Le duo prévoit d'animer un atelier une fois par mois sur ce terrain qui a déjà été cultivé par des membres des Incroyables comestibles. Pour le moment, Stéphane Bouyge et Ludovic Meunier réfléchissent à la façon dont ils veulent disposer leur petit bout de parcelle. Puis, à partir de janvier, ils s'attaqueront à la construction des buttes de culture. Ils auront pour cela besoin de bras : il est possible de les contacter via la page Facebook des Incroyables comestibles.

A Belle-Isle, un espace naturel à apprivoiser

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Ludovic Meunier et Stéphane Bouyge, dans la parcelle d’Incroyables comestibles. 
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Ludovic Meunier et Stéphane Bouyge, deux amis d’enfance, se sont mis en tête de cultiver des fruits et des légumes avec la méthode de la permaculture.

Le jardin est hivernal et morne : les tiges des plantes sont noires, les branches sont nues, ni fleur ni fruit ne viennent colorer le paysage, cerné par la brume. « Il faudra revenir au printemps », sourit Ludovic Meunier, aide-soignant à Déols. 
Dans cette petite parcelle appartenant à la Ville, logée tout près des jardins familiaux Marcel-Vidal, près du petit lac de Belle-Isle, le collectif Incroyables Comestibles a fait pousser des fruits et des légumes, il y a quelques années. Puis l’assiduité s’est délitée.
Incroyables comestibles, mouvement mondial lancé à la fin des années 2000, en Angleterre, a pour objectif l’autosuffisance alimentaire locale, saine et durable. Le principe : de la nourriture en abondance, partout où cela est possible, en libre-service. Le mouvement a fait des émules et, à Châteauroux, un collectif local a été fondé en 2013.
Jardin autosuffisantLudovic Meunier et Stéphane Bouyge l’ont rejoint il y a quelques mois, mais l’intérêt des deux trentenaires pour l’agriculture remonte à plusieurs années : « Nous nous y sommes mis quand nous avons obtenus nos deux jardins respectifs », explique Stéphane Bouyge, employé de banque à Châteauroux.
Depuis quelques semaines, ces deux amis d’enfance viennent régulièrement sur la parcelle d’Incroyables comestibles. Ils observent et réfléchissent à ce qu’il est possible de faire en appliquant la méthode de la permaculture.
« C’est plus une philosophie qu’un mode de culture », résume Stéphane Bouyge. Le but est que le jardin fonctionne en circuit fermé, qu’il se suffise à lui-même dans sa globalité, en prenant en compte toute sa biodiversité. Les plantes sauvages ne sont plus considérées comme des mauvaises herbes ; les insectes ont leur espace dans des hôtels à insectes ; l’arrosage est rare. Aucun intrant n’est nécessaire pour que, d’année en année, la parcelle reste fertile. En laissant pourrir les déchets verts, le bois et le compost, le sol ne s’appauvrit pas.
Voilà pour la théorie. Les deux amis conçoivent la petite parcelle comme un laboratoire d’expérimentation, pas comme un lieu de production. Ils prévoient d’y animer des ateliers, une fois par mois, « pour montrer ce qu’il est possible de faire ». Dans quelques jours, un botaniste viendra les aider à identifier les différentes espèces présentes sur le terrain : « On ne peut pas arriver avec ses gros sabots et tout enlever », explique Stéphane Bouyge. Au contraire : « Nous partons du principe que le terrain ne nous appartient pas, qu’il est à tout le monde. »

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La permaculture laisse une grande place aux espaces plus sauvages. © Photo NR

Les deux amis ont créé un jardin, selon les principes de la permaculture. Avec Perma Berry, ils veulent promouvoir cette méthode de culture.

On aime bien le côté potager paresseux. Amis « depuis vingt-deux ans », employé de banque et aide-soignant à la ville, Stéphane Bouyge et Ludovic Meunier ont eu l’envie, il y a cinq ans, de cultiver leur jardin selon les principes de la permaculture.
Aucun arrosage l’an dernier« Nous avons beaucoup lu, regardé des vidéos, expérimenté… »D’abord dans leurs propres jardins, les deux amis ont eu envie de partager leur passion. En rejoignant les Incroyables comestibles, puis en créant l’association Perma Berry. « La mairie de Châteauroux nous a mis une parcelle à disposition. »1.200 m2, chemin de la Baignade, qui étaient peu, voire pas du tout, entretenus. Du coup, le « potager paresseux », ce n’est pas pour tout de suite. « Pour le démarrage, il y a beaucoup de choses à faire. »Observer, en premier lieu. « Le point d’introduction de la permaculture, c’est : on arrive, on observe », explique Stéphane Bouyge. Puis créer des espaces pour accueillir le potager. « On travaille plutôt sur des buttes en lasagne : une première couche, généralement de carton, une autre de bois mort, une de verdure. En se décomposant, ces différentes couches alimentent le sol. » Le sauvage garde une large place. « C’est super intéressant de partir d’une parcelle non entretenue. On peut conserver des plantes déjà présentes, comme ce fenouil sauvage ou cette guimauve. » Installés depuis bientôt deux ans dans ce jardin, les permaculteurs amateurs prennent possession des lieux petit à petit. Car l’idée est de tenter d’imiter ce que fait la nature. Ainsi, aucun endroit n’est laissé à nu. « Ça n’existe pas dans la nature. Alors on paille systématiquement. » Grâce à ce couvert, « l’an dernier, nous n’avons pas arrosé une seule fois ». Et aussi de la laisser faire. Des coins sont volontairement laissés sauvages. C’est bon pour la biodiversité et c’est utile pour le jardin. « Les orties, on les laisse se développer, puis on en fait du purin », illustre Camille Hugon, secrétaire de Perma Berry.
« L’idée n’est pas de rentabiliser tous les espaces, approuve Stéphane Bouyge. Par contre, on plante très serré, car les plantes se servent les unes des autres. Elles se protègent entre elles. On n’a pas de maladie. » La production n’en pâtit pas. « On se rend compte que, sans rechercher la production à tout prix, nous avons des récoltes meilleures que dans des potagers tous “ propres ”. » Et l’objectif est rempli : « On produit ce qu’on mange. » Enfin presque : « L’idée est de ne pas y passer trop de temps ». Pour y arriver, « on cherche à développer les légumes perpétuels : tant qu’on ne collecte pas tout, on peut continuer à produire. »

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Ludovic Meunier et Stéphane Bouyge animent des ateliers. © Photo NR

A côté des jardins familiaux, sans une herbe folle qui dépasse, le lieu géré par Perma Berry détonne. « Assez régulièrement, on a des personnes qui demandent à visiter le jardin, indique Camille Hugon. Quand on est là, on les guide avec plaisir. »
La secrétaire de l’association passe au jardin une fois par jour, pour nourrir les deux poules noires du Berry, données par Châteauroux Métropole dans le cadre de l’opération « Des poules pour moins de déchets ». « Avec Ludovic Meunier et nos enfants, on est souvent là le week-end, indique Stéphane Bouyge. L’idée est de montrer que c’est possible de manger bon et gratuit, avec un jardin urbain en permaculture. »
Le 9 mars dernier, l’association a organisé un premier atelier, sur le semis en intérieur, qui a fait le plein. Chacun participant a pu repartir avec un semis de variété ancienne, à regarder pousser chez soi. « Nous organisons un prochain atelier sur le thème des rotations des cultures, samedi 18 mai », annonce Stéphane Bouyge.
Atelier, samedi 18 mai, à 14 h 30, chemin de la Baignade, à Châteauroux. Sur inscription (gratuit). Courriel : permaberry@gmail.com Facebook : PermaBerry